La résilience: une clé des initiatives de transition / un outil de développement des territoires

La résilience: une clé des initiatives de transition / un outil de développement des territoires

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Mohammed Meri

University of Strasbourg – Laboratoire Sage, France
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Ce chapitre présente la résilience comme une clé primordiale des initiatives de transition, la résilience comme un outil de développement des territoires, l’approche par la vulnérabilité et la résilience dans les territoires, la résilience dans les territoires: critères, indicateurs et gouvernance.

L’interaction entre les personnes et leurs environnements socio-économiques et physiques est une considération importante lors de la conceptualisation de la résilience et de la mise en application. Source. Waller. M. A. (2001).

La théorie contemporaine du stress et des émotions est pertinente dans ce cadre du travail, qui met l’accent sur le sens relationnel que les individus interprètent à partir de leurs transactions avec l’environnement. Source. Fletcher. David, Mustafa Sarkar (2013).

Pablo Servigne revient, dans ses travaux concernant le sujet de l’effondrement, sur un mot clé de la transition, (c’est la résilience) qui est une notion utilisée à partir des années 70 en écologie. Selon P. Servigne elle désigne: » la capacité d’un écosystème à se régénérer après un choc, par exemple une forêt après un incendie, une communauté d’oiseaux après une saison de chasse, ou un écosystème marin après une marée noire… ».

Cette notion de régénération est les initiatives de Transition, qui aident à construire la résilience dans plusieurs domaines (la nourriture, le social, la politique l’économie, l’énergie, etc.), au niveau local et national, avec une perspective globale / internationale. Source. SERVIGNE. PABLO (2012).

La résilience, une clé primordiale des initiatives de transition

Construire la résilience est l’un des grands principes de la Transition. Pour bien saisir le cœur et l’esprit de ce mouvement, il est donc utile de s’y attarder. L’idée est qu’il suffit d’observer la structure et le fonctionnement de ce qui est soutenable dans la nature, pour s’en inspirer. Une forêt millénaire, par exemple, produit énormément de matière vivante, et pourtant elle ne produit pas de déchets. Elle est composée d’un réseau dense et complexe d’interactions entre de nombreux êtres vivants. Elle est très résiliente.

La permaculture comme culture durable est une technique pour fabriquer de la résilience humaine dans tous les domaines de la vie: agriculture, logement, organisation, transports, etc. L’application à grande échelle des principes de permaculture est la (Transition).

Les initiatives de transition aident à construire la résilience dans plusieurs domaines et niveaux (personnel, communal, organisationnel au niveau local et national, avec une perspective globale / internationale. Les personnes fortement impliquées dans la transition devraient d’ailleurs particulièrement faire attention à cela. La résilience personnelle commence donc à être organisés dans les groupes de Transition.

On parle de résilience à beaucoup de niveaux: individus, communautés, organisations, société, écosystème. Au niveau organisationnel, un des niveaux les moins bien étudiés, la résilience est la capacité d’un groupe ou des groupes à supporter des chocs et des tensions extérieurs sans perturbation significative.

Il y a trois facteurs qui déterminent le degré de résilience d’une organisation:

Tableau 11. Montre les facteurs déterminant le degré de résilience d’une organisation

Niveau Description
1 La capacité d’une organisation à prendre ou modifier des décisions qui la concernent, à augmenter l’engagement local;
2 La capacité d’une organisation à apprendre et à s’adapter par favoriser une éducation diversifiée incluant de nouveaux savoirs et savoir-faire et expériences
3 La nécessité pour des organisations résilientes de planifier la planification collective.

Source. Servigne. Pablo (2011), adapté.

L’intérêt de la résilience est qu’il s’agit plutôt d’être mieux préparés pour un avenir plus sobre, plus autosuffisant qui favorise ce qui est local au lieu de ce qui est importé.

Le mouvement de la Transition consacre beaucoup d’énergie à étudier comment vivaient les communautés avant leur déstructuration par le pétrole. Deux institutions humaines apparaissent de façon récurrente à travers les vicissitudes de l’histoire et témoignent d’une extraordinaire résilience, l’une rurale, la petite exploitation paysanne autosuffisante, l’autre plus urbaine, l’atelier artisanal. La résilience, c’est plutôt un retour en avant.

La Transition quant à elle, ne propose pas de réduire, mais invite plutôt à construire et augmenter sa résilience. La croissance économique et une prospérité renouvelée viendra dans une large mesure d’économies locales diversifiées, vibrantes et robustes. La meilleure réponse à l’instabilité économique est de passer à une économie basée sur la justice sociale, la résilience et la protection de la biosphère. Rien d’autre n’a de sens.

De manière plus théorique, augmenter la résilience d’une organisation, c’est augmenter la diversité des éléments qui le composent (individus, équipes, communautés, éléments, etc.), ainsi que les fonctions qu’ils exercent. Ainsi, si l’un des éléments s’arrêtait, il resterait encore les autres pour assurer la fonction.

Il faut veiller à favoriser la modularité, un module ne doit pas devenir indispensable à la survie de tous les autres. Ainsi, si une maladie apparaît à un endroit, le cloisonnement génétique empêchera l’apparition d’une épizootie. C’est simplement un principe du vivant appliqué à l’organisation humaine.

Un autre point à prendre en compte pour construire la résilience, c’est de favoriser ce qu’on appelle les « rétroactions directes », c’est-à-dire tenter de se rapprocher de l’effet de nos actions, percevoir directement les effets de la consommation permet d’agir rapidement et en pleine conscience.

La résilience se construit dans les détails, et se coordonne à grande échelle. Il faudra donc coordonner en réseau après avoir bâti des initiatives locales solides.

La résilience constitue finalement un alliage prometteur de catastrophisme et d’optimisme, stimulant tant pour la réflexion que pour l’action. Elle renouvelle notre imaginaire politique, socio-économique et environnemental. Source. Servigne. Pablo (2011).

Les scientistes ont proposé des modèles pour bâtir la résilience organisationnelle tels que le modèle de Gratton et all (2010) envisageant la résilience dans les organisations sanitaire, et le modèle de ELLIS.W, Dietz.W (2017) visant la résilience basée sur les expériences des enfants et communautés dans les organisations comme les montrent les figures suivantes.

Le modèle suivant illustre la résilience organisationnelle et ses composants.

La résilience: un outil de développement des territoires

La résilience, mot fréquent dans le discours politique, outil du vecteur d’innovation ou créateur de futurs; ainsi que concept polysémique, s’applique aujourd’hui aux territoires, sans être pour autant précisé méthodologiquement ou opérationnellement.

Qu’est-ce que c’est la « résilience des territoires» ?

La résilience fait le débat aujourd’hui dans de nombreux domaines (socio-économique, politique, culturel, environnemental, industriel, agricole, etc) sollicitant le développement durable. Les Territoires, les organisations, les individus, les écosystèmes, tout semble soumis à une injonction de résilience en réponse à des contextes variés: catastrophes naturelles, épidémies, crises économiques et sociales, perturbations des guerres en tous genres et multiformes.

Actuellement, l’utilisation de la résilience pour les territoires pose de nombreux problèmes, surtout méthodologiques, modélisation et opérationnels étant le plus souvent insuffisamment explicitée et peu opérationnelle. De plus, la résilience doit s’appuyer sur une gouvernance « durable », favoriser la créativité et l’innovation dans certains cas, et devenir un argument politique pour justifier, a priori comme a posteriori, des projets/évolutions non débattus démocratiquement et peut se mettre au service de l’ingénierie sociale (dans sa conception négative).

Pourtant elle pourrait permettre de redonner sa place au citoyen dans les processus de gouvernance, encourager une approche systémique et adaptée, et apporter un renouveau dans les projets de développement en termes de dynamique et de pratiques.

La résilience est donc une mise en mouvement, une recherche permanente d’équilibre entre des caractéristiques paradoxales et des processus contraires: à court terme et à temps long, à l’échelle locale et à la mondialisation, à la redondance et à l’efficacité, sur-mesure et prêt-à-porter, à l’autonomie et à la dépendance. Source. Villar. Clara, Michel David (2014).

L’opérationnalité de la résilience territoriale

Le sens du concept de la résilience diffère selon la discipline scientifique qui la traite, le contexte dans lequel elle est utilisée et l’objectif qu’elle dessert. Lorsqu’il est appliqué aux sociétés humaines, il signifie un peuplement est résilient s’il sait et peut trouver les capacités nécessaires pour son adaptation face à des aléas qui le menacent. L’enjeu est de maintenir un niveau de fonctionnement grâce aux capacités et à la souplesse du système permettant sa persistance. La résilience peut traduire une propriété cruciale d’un système, acquise pour toutes et a priori (état de résilience), et aussi caractériser un processus a posteriori pour un temps donné (temps de résilience). Donc, Un territoire résilient est entendu comme un territoire en mouvement, capable:

Tableau 12. Caractérise un processus a posteriori pour un temps donné (de résilience)

1. D’anticiper des perturbations, brutales ou lentes, grâce à la veille et à la prospective,
2. D’en minimiser les effets,
3. De se relever et rebondir grâce à l’apprentissage, l’adaptation et l’innovation,
D’évoluer vers un nouvel état en équilibre dynamique préservant ses fonctionnalités. Cet état est décidé et construit démocratiquement.

Source. Source. Villar. Clara, Michel David (2014), adapté.

La résilience: vers un développement durable

La résilience est aujourd’hui mobilisée pour répondre au fait que le développement durable n’aurait pas tenu ses promesses, de même que l’économie verte. En effet, si cette dernière met l’accent sur l’efficacité et le rendement, sans remettre en question le modèle économique, social et politique, la résilience, elle, renvoie à la transformation du modèle. En particulier, elle interroge la place de la société et des individus, et encourage un rééquilibrage vers l’autonomie et la diversité, tout en recherchant l’efficacité. La gouvernance, l’équité et la démocratie semblent devoir lui être associés afin d’éviter des dérives d’usage, comme souligne Philippe Darmuzey (2008) le caractère dynamique et évolutif, multidimensionnel et politique de la gouvernance qui est également applicable à la résilience territoriale. Source. Darmuzey. Philippe (2008).

Deux types de résilience et réponses territoriales multiformes

Le Commissariat Général au Développement Durable et le Cerema ont indiqué, dans le cadre de leurs travaux sur la résilience territoriale, plusieurs monographies sur des territoires: variés en termes d’échelles et de problématiques d’entrée. Ce qui exige différents types de réponses adoptées par les territoires étudiés, ainsi qu’un certain nombre de facteurs semblant contribuer à augmenter leurs capacités de résilience. Les territoires doivent distinguer entre deux types:

1- Une résilience « cindynique », liée à la survenue d’événements brutaux locaux (accident industriel, inondation, fermeture d’usine),

2- Une résilience « globale » liée à des phénomènes lents et à grande échelle (changement climatique, crise économique mondiale, baisse démographique). Source. Commissariat Général au développement durable (2013.

Les stratégies développées en réponse aux crises qui touchent les territoires sont extrêmement variées: développement de l’égalité numérique, agriculture urbaine communautaire et filières alimentaires locales, patrimoine et culture, art, savoir-faire locaux et microentreprises, « pratiques économiques alternatives », développement de filières, projets éducatifs, actions coopératives, économie de la fonctionnalité. Source. Castells et al. (2012).

Facteurs améliorant la résilience dans les territoires

Les facteurs contribuant mieux à améliorer les capacités de résilience d’un territoire sont tels:

Tableau 13.Montre les facteurs améliorant les capacités de résilience d’un territoire

Les facteurs
-l’autonomie reliée, – l’anticipation et l’expérimentation,
– la diversité, – l’inclusivité (au sens distribution large du pouvoir),
– la redondance des éléments et des fonctions, – l’inscription dans la texture territoriale (histoire, culture),
– la modularité, – les liens et la confiance entre acteurs,
– les rétroactions directes, – le sens donné à l’action,
– les initiatives remontantes à une échelle fine pour faciliter l’implication des individus, – le capital social (force des réseaux sociaux, des liens…) et le développement des capabilités,
– la veille, – l’innovation et la créativité,
– l’articulation des échelles.

Source. Rabourdin, S. (2012), adapté.

Les indicateurs de la résilience dans les territoires

Contextualiser les indicateurs de résilience confirme la nécessité de rechercher un équilibre dynamique et une pondération entre des qualités/propriétés a priori paradoxales et directement liées à la situation locale dans un tel territoire. Un territoire est plus que la somme de ses composantes structurelles, géographiques, sociales, économiques, etc. Les grilles et tableaux classiques sont statiques et ne traduisent pas la mise en mouvement, les capabilités locales, et les dynamiques.

L’approche par les indicateurs ne suffit donc pas et nécessite de faire appel à la sociologie non quantitative, et de se confronter au terrain afin d’intégrer à l’évaluation l’histoire, la culture, l’identité du territoire, la stratégie politique envisagée. Source. Cerema /DtecTV-CGDD/Soes (2014).

L’approche mixte (Qualitative/ Quantitave) s’appuie sur l’établissement d’un profil territorial, croisé avec le projet politique local et des indicateurs de vulnérabilité. Les indicateurs peuvent être mobilisés à différents moments dans une logique préventive, et doivent permettre d’identifier les risques environnementaux, économiques et sociaux auxquels un territoire est exposé. Par la logique d’évaluation, les indicateurs retenus devraient donner quelques éléments d’appréciation de la réussite ou de l’échec des actions mises en œuvre en faveur de la résilience. Source. Desrosières, A. (2008).

Les indicateurs dans une logique préventive, et des risques facilitent la compréhension de résilience par l’avance, et poussent les acteurs à chercher des solutions pour y anticiper comme le montre la figure suivante.

Les indicateurs peuvent être utilement mobilisés à différentes étapes d’une analyse portant sur la résilience des territoires comme le montre la figure suivante.

Thème Indicateur Calcul
Risques/Chocs

 

– Intensité

– Origine (climatique,

Économique…)

– nature (idiosyncratique, collectif…)

Gestion du risque ex ante

– Mutualisation

– Assurance

– Diversification d’activité

 

Diversification agricole

Nombre de choc

 

Choc climatique (cyclone, inondation, sécheresse, grêle, incendie, feu, foudre)

Choc culture: animaux et hommes (rats troupeaux insectes oiseaux criquets, hommes)

Choc maladies/décès

Evaluation des pertes suites aux chocs

Combien de logements entre 3 et 4 ?

Combien d’élevage entre 3 et 4 ?

Combien de ménage entre 2 et 3 ?

Epargne en nature

Dons aux personnes en difficulté Dépenses festives

Détail des activités off farm (importance)

Nb de jours dédiés au service liés au tourisme Intégration agriculture élevage

Nb de cultures différentes cultivées

Regroupement des différents types de chocs par origine

 

Nombre de choc d’intensité 3 et 4

Rajouter une question sur grenier commun

Autre activité

Nb semaine autre activité / (Nb semaine autre +activité principale)

Gain autre activité/ gain autre + gain agri

Capital

 

Gestion du risque expost: Généraux

Ménage qui a mis en vente une parcelle ou du gros matériel (par suite d’un choc) ?

 

Migration raison de la migration + Nb

Deux variables différentes sur migration
Capital physique

 

Matériel/animal

Surface

Nb de ménage possédant au moins un des trois

 

Radio téléphone tv

Nb d’animaux du ménage (bovin, caprin, porc, volaille)

Nb de ménage possédant au moins un moyen de transport: bicyclette, moto, voiture

Superficie rizicole mise en culture Nb de parcelles (Superficie moyenne des parcelles) Quantité des semences autoproduites Quantité alimentation du bétail autoproduite Quantité de fertilisants autoproduits

 
Capital humain

 

Composition du ménage

Éducation

Genre du chef de ménage Age du chef de ménage

 

% des enfants dans le ménage Part des actifs

Nb de bouches à nourrir

Alphabétisation

Diplôme maximum dans le ménage

Nb de personnes ayant suivi une formation Distance ou temps pour aller à l’école

Nb de pers du ménage qui savent lire
Capital social

 

Famille, réseau social

Implication politique

Exclusion sociale

Part des transferts reçu dans RBD Variable: don aux enfants

 

Type d’installation (héritage achat)

Fonction sociale dans une OP

Au – 1 des membres a participé à une action collective

Aide extérieure (des autres membres du village) Transfert (donné et reçu)

Entraide en riziculture Entraide autre culture

Transfert reçu/revenu
Capital économique

 

Crédit et financement

Mode de faire valoir

Emprunt (cf viabilité économique) Montant des crédits d’investissement Montant des crédits de fonctionnement Crédit formel

 

Crédit informel

Culture rapportant le plus d’argent Statut foncier de la parcelle Surface en propriété

Surface pris en fermage Surface donnée en fermage Surface prise en métayage surface données en métayage

Litige ou conflit foncier ?

On additionne tout le tb de la p12
Sécurité alimentaire

 

Autoconsommation

Calories et diversification

Autoconsommation

 

Po autoconsommée/Consommation Période de soudure

Consommation alimentaire en calories Consommation alimentaire en protéines Indicateurs de diversification

A quelle fréquence consommez-vous … ?

Différentes variables sur les aliments consommés par les ménages en fonction des différentes périodes

 

A quelle fréquence mangez-vous de la viande ? A quelle fréquence mangez-vous des légumes ?

Durabilité économique Produit brut Marge brute

 

Nb de salariés familiaux et permanents

Marge nette

Valorisation de la journée de travail Pté du travail

Revenu du ménage

Revenu par personne

Culture rapportant le plus d’argent

Dépense

Part des dépenses alimentaires Dépenses par tête

Dépenses exceptionnelles

Epargne Credit

(Crédit d’investissement et de fonctionnement)

Emprunt à vocation agricole/ emprunt non agricole

Solde de trésorerie (= CAF) Ratios

Ratios couverture des CI par l’emprunt

Ratio d’intensification Retour sur Investissement Ratios autoconsommation

Solde accumulé

Accès à l’info généraliste (radio et téléphone portable)

Accès route

Part des actifs

Parts des inactifs dans le ménage

Qté produites*Prix de vente à la ferme Produit brut –CI – frais de fonctionnement Rapport entre les 2

 

Marge brute – frais financier

Marge nette / Nb d’heures de travail

Revenu agricole + revenu extra agricole Revenu total/ nb de membres

Regarder les proportions et l’évolution des différents types de dépenses

Revenu total – dépenses totales

Sommes empruntées/CICI/

Marge brute

Marge brute/ CI

Riz autoconsommé/ riz produit

Nb de ménage possédant ou une radio ou un téléphone Temps de trajet jusqu’au marché

Durabilité sociale

 

Capital social (Cf résilience)

Equité

Rapport hommes femmes

Sécurité

Insécurité Confiance voisins Nb de personnes ayant été victime d’une des 6 catégories/pop échantillon
Durabilité sanitaire

 

Santé mère et enfants

Accès à l’eau

Accès aux vaccins et aux soins médicaux Nb d’enfants complètement vaccinés Moustiquaire

 

Accès à l’eau

Adition de tous les vaccins

 

Nb de femmes enceintes dormant sous moustiquaires Provenance de l’eau conso par ménage

Durabilité environnementale

 

Erosion

Biodiversité

Eau

Impact des innovations

Construction d’1 indicateur actuellement Biodiversité évolution des insectes utiles à la

 

Production

Disponibilité et qualité de l’eau Pb d’irrigation récurrent

Perception des SCV Adoption des scv

Durabilité institutionnelle/Gouvernance

 

Service public

Gouvernance

APD

Les indicateurs permettant de mesurer la viabilité institutionnelle et la gouvernance seraient peut-être plus pertinents à l’échelle du territoire ?

Figure 34. Montre les indicateurs de résilience dans les territoires
Source. Marie Bar, Eric Penot & Hélene Benz.(2011), Adapté.

Le recours aux indicateurs pour l’établissement du diagnostic stratégique et du profil du territoire est assez classique dans certains pays.

Au niveau du diagnostic stratégique, il permet de prendre un peu de distance avec la vision et la narration passionnées des élus évoquant leur territoire.

Au niveau du profil, les indicateurs relativisent les atouts et handicaps du territoire, puisqu’ils reflètent ce qui le distingue d’une zone de référence. Le choix de cette zone de référence est important. Il peut s’agir d’un territoire d’une nature de taille de population, de moins de 50 000 habitants, entre 100 000 – 300000 habitants, entre 300 000 – 500 000 habitants ou plus de 500 000 habitants. Une autre façon de procéder consiste à constituer des classes homogènes de territoires, des classes de pays qui composent la classe à laquelle le territoire étudié a été affecté constituent alors autant de zones de référence.

 

L’approche par la vulnérabilité et la résilience dans les territoires

La logique qu’une forte vulnérabilité porte en elle les signes avant-coureurs d’une crise à venir est au fondement de cette approche. La réduction de la vulnérabilité témoignerait une capacité de résilience accrue lorsqu’elle s’accompagne d’une évolution positive d’indicateurs.

C’est pourquoi, le recours aux indicateurs en vue de procéder à une analyse en termes de vulnérabilité se veut un peu plus original.

Normalement, il y a quatre grands types de vulnérabilité identifiés: (sociale; économique, démographique, environnementale).

La vulnérabilité sociale se manifeste par la pauvreté et le chômage, comme l’absence de mixité sociale, puisqu’ils menacent la cohésion sociale. Une autre forme s’ajoute c’est la vulnérabilité énergétique des ménages liée aux déplacements contraints et aux dépenses de chauffage du logement.

La vulnérabilité économique est abordée dans les territoires sous l’angle de la spécialisation industrielle et des difficultés auxquelles elle expose le territoire en cas de crise sectorielle ou de concurrence accrue. Laurent Davezies (2012) montre la fragilité grandissante des territoires les plus dépendants et sensibles à l’évolution des dépenses publiques. Source. Davezies, L. (2012).
– Quant à la vulnérabilité démographique du territoire, on peut mentionner des indicateurs de vieillissement de la population, de déséquilibre entre générations ou encore de taux de solde migratoire d’actifs, d’accès aux équipements courants qui reflétera la faible densité du territoire.

Enfin, la vulnérabilité environnementale est multiforme. Comme l’indique toute stratégie nationale de la transition écologique et ses enjeux: (le changement climatique, la perte accélérée de biodiversité, la raréfaction des ressources et la multiplication des risques sanitaires environnementaux). Source Villar. Clara, Michel David (2014).

La résilience dans les territoires: critères, indicateurs et gouvernance

Ménager l’équilibre entre critères, indicateurs et types de vulnérabilités est, a priori, privilégier pour bien gouverner la résilience dans les territoires.

La disponibilité des indicateurs à l’échelle communale est indispensable. Il faut en effet être en mesure de caractériser des territoires à géométrie variable, mais toujours composés de mailles communales, et de procéder à des comparaisons spatiales.

Également, les indicateurs retenus doivent être calculables à plusieurs moments, sur une période suffisamment longue, de façon que l’on puisse identifier les phases d’avant crise, de crise et de résilience éventuelle.

La phase d’interprétation des indicateurs est essentielle à toutes les étapes du processus: diagnostic, profil, identification des vulnérabilités et des enjeux, puis phase d’évaluation.

La construction d’un indicateur synthétique de résilience à partir des indicateurs élémentaires serait l’idéal.

La recherche d’amélioration des capacités de résilience plaide pour une approche territoriale systémique, qui permette de dépasser les seuls objectifs de croissance et de développement économique auxquels sont souvent réduits le développement durable et l’économie verte.

L’importance est de prendre en compte tous les aspects qui font un territoire: (politiques, sociaux, économiques, environnementaux, historiques, culturels, patrimoniaux, l’ensemble des activités de la société. Source. Darmuzey. Philippe (2008)

Les méthodes multivariées semblent alors adaptées pour conduire approche systémique. L’analyse factorielle multiple qui rééquilibre le rôle des dimensions, permettrait par exemple la mise en évidence des liens entre les indicateurs d’une même dimension, mais aussi les relations entre les différentes dimensions de la vulnérabilité. Source. Escoffier.B., Pagès. J. (2008).
La démarche de s’appuie prioritairement sur la confiance et l’entraide, qui devraient être favorisées et développées. Elle peut être un moyen de ne plus penser les politiques publiques à la place des citoyens, mais de les rendre co-responsables de leur production.

Le niveau de développement éthique d’une société contribuant à sa résilience se mesurerait à sa capacité à prendre en charge les plus vulnérables. La structure sociale et culturelle du territoire, les capacités d’apprentissage et de résilience de la société humaine ne peuvent donc être oubliées ou mise de côté.

La résilience n’est pas un objectif à rechercher systématiquement: elle peut être au service d’un discours politique ne reflétant pas un choix démocratique, elle peut également aller à l’encontre d’un changement souhaitable. En effet, si le développement durable se construit sur l’idée d’une maîtrise du futur et la poursuite de développement, la résilience admet la survenue de perturbations dans le futur et permet d’imaginer des ruptures avec le modèle actuel.

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